A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).

On trouvera ici un billet sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certaines notices, ou tout simplement me signaler leur parenté avec la personne à qui le billet est consacré. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)

Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

vendredi 27 janvier 2017

Gaston MELLINETTE (1892-1917)

MELLINETTE
Pierre Gaston
Sous-lieutenant
132ème régiment d’infanterie
Classe : 1912
Recrutement : Reims
Mort pour la France le 16 avril 1917
à Moussy (Aisne)
Tué à l’ennemi
Né le 29 septembre 1892
à Vitry-les-Reims* (Marne)
 
* Witry-lès-Reims, en fait
 
 

J’ai fait alors ds ce qui a été Bouchavesnes des promenades plutôt agitées. J’ai quitté la 5ème pour la 6ème, et c’est avec cette dernière Cie que nous sommes remontés en ligne le 9 [octobre 1916], dans un secteur que nous avons dû organiser complètement, où ns avons passé des journées un peu dures, et où, par miracle, nous avons eu très peu de pertes. Mais j’avais alors deux bons et courageux compagnons, [Marcel] Simonin, qui commandait la Cie – et il la commandait bien – et Mellinette qui nous renforçait avec sa section de mitrailleurs. En compagnie les heures nous paraissaient moins longues, puis nous travaillions ferme.
(Jean à mère – 19 octobre 1916) 
 

Je reste seul dans la ferme vide. La compagnie est partie à pied. Ce matin je déjeune avec Portheaux et [Claude] Gonin, restés chacun pour la même raison que moi [Jean était malade], et les officiers de la compagnie de mitrailleurs [donc Baillot et Mellinette] ; car la compagnie de mitrailleurs a le « filon », elle reste ici.
(Jean à mère – 23 janvier 1917)

 
Les morts du 16 avril 1917,
premier jour de l’offensive du Chemin des Dames
(Lettre de Jean Médard à sa mère – 22 avril 1917)
 
Cette première attaque, journée du 16, a été très dure. Au 2ème Baton elle ns a couté en tués, outre le commandant, le capitaine Candillon (5ème), St Lieut Gonin (6ème tu le connaissais – le petit aspirant qui avait pris le thé avec ns et Getaz à Chartèves) Lieut. Jesson (7ème), S/Lieut Mellinette et Baillot (Cie de Mitrailleurs). Tu connaissais aussi ce dernier, tu trouvais qu’il ressemblait à un officier de marine. En blessés : capitaine adjudant major Dufour, S/Lt Millière, S/Lt Bouchez, [Roger de] La Morinerie. Le Commandant [Rivals] était en tête de combat, il a eu une mort magnifique. Le colonel [Théron] aussi était presque en tête sur le petit groupe qui l’entourait peu sont revenus indemnes. Lui, notre brave colonel blessé à la cuisse, son capitaine adjoint [Gabet] la figure traversée d’une balle, Soula, off. du canon de 37 tué, etc., etc. 

Source : JMO du 132ème R.I..
- Soulignés en noir par l'auteur du blog : les tués du 16 avril 1917.
- Soulignés en blanc par l'auteur du blog : les blessés du 16 avril 1917.
- Soulignés en gris : les tués du 17 avril 1917.
Les plus grosses pertes en officiers sont dans le 2ème bataillon, où, sur 15 officiers, 6 sont tués et 4 blessés.
(N.B. : Les décomptes des pertes ne sont pas faits par bataillon, mais pour le régiment. Cependant les pertes en officiers étant nominatives, et leur répartition
dans chaque bataillon étant connue grâce à l’ordre de bataille ci-dessus, il est facile de faire les calculs à l’échelon du bataillon.)

JMO du 132ème R.I. - 16 avril 1917




Antoine RIVALS (1875-1917) 
René CANDILLON (1886-1917) 
Lucien SOULA (1874-1917) 
Marcel Emmanuel MARCEAU (1890-1917) 
Georges Etienne Soter BAILLOT (1892-1917) 
Gaston MELLINETTE (1892-1917) 
Claude GONIN (1896-1917) 
Marcel Adrien MORIN (1886-1917) 
Emile JESSON (1892-1917) 
 



            Gaston Mellinette était le fils de Jules Mellinette, représentant de commerce âgé de 41 ans et de Lucie Moreau, âgée de 29 ans.
           
Gaston Mellinette assis, tenant la mitrailleuse
Source : collection privée, archives de la famille Fauvet


Gaston Mellinette
Source : archives de la famille Fauvet

        Les registres matricules de Reims pour l'année 1912 ne sont hélas pas en ligne.
          Heureusement, sur l'arbre en ligne que Fabien Cara publie sur Généanet, une page est consacrée à Gaston Mellinette avec le texte de la citation reçue le 16 juillet 1916. Mellinette était alors chef de section, sergent de compagnie de mitrailleuse : "D'une haute valeur morale, a fait preuve pendant les combats du 17 au 20 Juin d'un sang-froid et d'une énergie au-dessus de tout éloge- Relevant et encourageant lui-même ses blessés - ses deux pièces ayant été mises hors d'état, a maintenu sa section à son emplacement malgré un très vif bombardement d'artillerie lourde".
          La lettre que Jean a écrite à sa mère en octobre 1916, au moment de la bataille de la Somme, montre que Gaston Mellinette était au 132ème R.I. au moins depuis cette période.

            Un très grand merci à Fabien Cara, qui m’a communiqué les photos de Gaston Mellinette illustrant ce billet.
  
HF (31/01/2017)

Source pour les informations d’état civil : archives départementales de la Marne, acte de naissance de Gaston Mellinette (vue 100/377).  
 

René CANDILLON (1886-1917)

CANDILLON
René Marie Emile
Capitaine
132ème régiment d’infanterie
Classe : 1906
Recrutement : Abbeville
Mort pour la France le 16 avril 1917
à Braye-en-Laonnois (Aisne)
Tué à l’ennemi
Né le 9 avril 1886
à Amiens (Somme)

 
          G. […] est heureusement remplacé le 11 Décembre [1916] par le capitaine Candillon, un instituteur du Nord.
(Jean Médard, Mémoires) 
 

            Un jeune capitaine de réserve, Candillon, est venu commander la Cie. Je l’ai connu un peu au dépôt et je crois que ce sera un compagnon très agréable.
(Jean à sa mère – 12 décembre 1916) 

            Pour moi l’évènement du jour c’est l’affectation du capitaine Candillon à la 5ème. Je n’en suis pas fâché. Il y a de grandes chances pour que nous fassions bon ménage.
(Jean à sa mère – 13 décembre 1916) 

Le capitaine Candillon est charmant.
(Jean à sa mère – 17 décembre 1916) 
 
Je me réjouis bcoup de l’arrivée au régiment du capitaine Candillon. J’espère que ce pourra être pr toi un ami. Ce qui m’ennuyait dans ton retour à la 5ème c’est ton contact journalier avec G. et contact forcé. Il sera tjours le même mais tu pourras voir bcoup le capitaine, j’espère que vos grades ne vs sépareront pas trop.
(Mathilde à son fils – 17 décembre 1916) 
 
Le capitaine Candillon était parti à l’avance préparer le cantonnement du régiment.
(Jean à sa mère – 4 janvier 1917)
 
Le capitaine Candillon est un peu malade. Je ne crois pas que ce soit grave.
(Jean à sa mère – 9 janvier 1917) 
 
Ce matin ns sommes allé à l’exercice avec le capitaine. Il mène vraiment bien sa compagnie, avec fermeté et bonté, et ça me change de l’autre. Il fait ce qu’il veut des poilus maintenant.
(Jean à sa mère – 15 janvier 1917) 
 
Les journées sont très remplies par l’exercice et le travail de la compagnie. Ça marche d’ailleurs très bien depuis que le cap. Candillon a pris les reines.
(Jean à sa mère – 18 janvier 1917) 
            Nous faisons très bon ménage, le capitaine Candillon et moi, et nous passons une bonne partie de nos soirées ensemble. Ma vie est toute différente depuis son retour à la 5.
            D’abord la Cie marche très bien, il travaille beaucoup, s’en occupe beaucoup, et avec beaucoup de compétence, de bienveillante, de fermeté… qualités qui faisaient totalement défaut à l’autre. […] Les poilus, du moment qu’on leur témoigne de l’intérêt sont contents aussi. J’ai actuellement une bonne section, bien disciplinée, bien attachée à moi. J’espère que nous ferons quelque chose de bien quand ce sera le moment.
(Jean à sa mère – 21 janvier 1917) 
 
            Le capitaine est parti hier en permission. Il était fou de joie à l’idée de retrouver sa femme et sa petite fille.
(Jean à sa mère – 1er février 1917) 
 
Au retour, à la popote, j’ai trouvé la table toute fleurie. C’était une aimable attention du capitaine et de G. pour la veille de ma fête. Le menu aussi était soigné. G. fait des progrès. Le capitaine a su le prendre.
(Jean à sa mère – 19 février 1917) 
 
Les nouvelles sont consternantes : notre progression a été rapidement stoppée et nos pertes sont lourdes. Au 2ème bataillon notre cher commandant Rivals a été tué, ainsi que le capitaine Candillon et bien d’autres.
(Jean Médard, Mémoires, avril 1917, Chemin des Dames)
 

 
Les morts du 16 avril 1917,
premier jour de l’offensive du Chemin des Dames
(Lettre de Jean Médard à sa mère – 22 avril 1917)
 
Cette première attaque, journée du 16, a été très dure. Au 2ème Baton elle ns a couté en tués, outre le commandant, le capitaine Candillon (5ème), St Lieut Gonin (6ème tu le connaissais – le petit aspirant qui avait pris le thé avec ns et Getaz à Chartèves) Lieut. Jesson (7ème), S/Lieut Mellinette et Baillot (Cie de Mitrailleurs). Tu connaissais aussi ce dernier, tu trouvais qu’il ressemblait à un officier de marine. En blessés : capitaine adjudant major Dufour, S/Lt Millière, S/Lt Bouchez, [Roger de] La Morinerie. Le Commandant [Rivals] était en tête de combat, il a eu une mort magnifique. Le colonel [Théron] aussi était presque en tête sur le petit groupe qui l’entourait peu sont revenus indemnes. Lui, notre brave colonel blessé à la cuisse, son capitaine adjoint [Gabet] la figure traversée d’une balle, Soula, off. du canon de 37 tué, etc., etc.

Source : JMO du 132ème R.I.
- Soulignés en noir par l'auteur du blog : les tués du 16 avril 1917.
- Soulignés en blanc par l'auteur du blog : les blessés du 16 avril 1917.
- Soulignés en gris : les tués du 17 avril 1917.
Les plus grosses pertes en officiers sont dans le 2ème bataillon, où, sur 15 officiers, 6 sont tués et 4 blessés
(N.B. : Les décomptes des pertes ne sont pas faits par bataillon, mais pour le régiment. Cependant les pertes
en officiers étant nominatives, et leur répartition dans chaque bataillon étant connue grâce à l’ordre de bataille
ci-dessus, il est facile de faire les calculs à l’échelon du bataillon.)

JMO du 132ème R.I. - 16 avril 1917



Antoine RIVALS (1875-1917) 
René CANDILLON (1886-1917) 
Lucien SOULA (1874-1917) 
Marcel Emmanuel MARCEAU (1890-1917) 
Georges Etienne Soter BAILLOT (1892-1917) 
Gaston MELLINETTE (1892-1917) 
Claude GONIN (1896-1917) 
Marcel Adrien MORIN (1886-1917) 
Emile JESSON (1892-1917) 
 


 
René Candillon
Source : Mémorial
Chemin des Dames
            René Candillon était le fils d’Eugène Auguste Candillon et d’Adélia Marie Vérité. Dans le civil, il était instituteur à Saint-Valéry-en Somme.
            Comme en témoigne la lettre de Jean en date du 1er février 1917, il était marié et père d’une petite fille, mais il n’a malheureusement pas été possible de trouver des informations à leur sujet.
            A l’issue de son service militaire en 1909, René Candillon était sous-lieutenant de réserve.
            En septembre 1914, quelques semaines après son arrivée sur le front lors de la mobilisation générale, il avait été promu lieutenant. Il était devenu capitaine en octobre 1916, peu de temps avant d’arriver au 132ème R.I.
       


         Il a été tué d’une balle de mitrailleuse à la tête, en menant sa compagnie à l'assaut.
          Il était titulaire de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur.
 
           
 
       

          Sur la photo ci-dessus, provenant des archives privées de Jean Médard, la tombe de René Candillon est à gauche sur la photo. L'inscription est beaucoup plus visible sur la deuxième photo, ci-contre (recadrée) trouvée sur Pages 14-18, mais malheureusement sans que la source soit connue.
 
 
HF (31/01/2017)
 
Source pour le prénom usuel, les informations professionnelles, et le détail sur la mort d’une balle de mitrailleuse dans la tête : Généawiki.
Source pour les informations militaires : archives départementales de la Somme, fiche matricule de René Candillon. 

jeudi 26 janvier 2017

Georges Etienne Soter BAILLOT (1894-1917)

BAILLOT
Georges Etienne Soter
Sous-lieutenant
132ème régiment d’infanterie
Classe : 1914
Recrutement : Seine*
Mort pour la France le 16 avril 1917
à la ferme de Metz à Braye-en-Laonnois (Aisne)
Tué à l’ennemi
Né le 30 janvier 1894
à Paris, 17ème arrondissement (Seine) 

* Seine 2ème bureau
 
Je reste seul dans la ferme vide. La compagnie est partie à pied. Ce matin je déjeune avec Portheaux et Gonin, restés chacun pour la même raison que moi [Jean était malade], et les officiers de la compagnie de mitrailleurs [donc Baillot et Mellinette].
(Jean à sa mère – 23 janvier 1917) 
 
J’arrive pourtant avec la première vague jusqu’aux premières lignes allemandes, mais c’est pour constater que le colonel [Théron] et son état-major n’ont pas pu progresser jusque-là. J’apprends qu’il est bloqué entre les deux lignes dans un grand trou d’obus. Je dois donc revenir en arrière pour le rejoindre. Le retour est aussi scabreux que l’aller. Au passage je m’arrête un moment auprès d’un de mes camarades, Baillot, officier mitrailleur, blessé mortellement, mais je dois l’abandonner sans rien pouvoir faire pour lui.
(Jean Médard – Mémoires, avril 1917, Chemin des Dames)  

Ce matin, un oncle de Baillot est venu nous demander des détails sur sa mort.
(Jean à sa mère – 28 avril 1917)  
 
 
Les morts du 16 avril 1917,
premier jour de l’offensive du Chemin des Dames
(Lettre de Jean Médard à sa mère – 22 avril 1917)
 
Cette première attaque, journée du 16, a été très dure. Au 2ème Baton elle ns a couté en tués, outre le commandant, le capitaine Candillon (5ème), St Lieut Gonin (6ème tu le connaissais – le petit aspirant qui avait pris le thé avec ns et Getaz à Chartèves) Lieut. Jesson (7ème), S/Lieut Mellinette et Baillot (Cie de Mitrailleurs). Tu connaissais aussi ce dernier, tu trouvais qu’il ressemblait à un officier de marine. En blessés : capitaine adjudant major Dufour, S/Lt Millière, S/Lt Bouchez, [Roger de] La Morinerie. Le Commandant [Rivals] était en tête de combat, il a eu une mort magnifique. Le colonel [Théron] aussi était presque en tête sur le petit groupe qui l’entourait peu sont revenus indemnes. Lui, notre brave colonel blessé à la cuisse, son capitaine adjoint [Gabet] la figure traversée d’une balle, Soula, off. du canon de 37 tué, etc., etc.
 

Source : JMO du 132ème R.I.
- Soulignés en noir par l'auteur du blog : les tués du 16 avril 1917.
- Soulignés en blanc par l'auteur du blog : les blessés du 16 avril 1917.
- Soulignés en gris : les tués du 17 avril 1917.
Les plus grosses pertes en officiers sont dans le 2ème bataillon, où, sur 15 officiers, 6 sont tués et 4 blessés
(N.B. : Les décomptes des pertes ne sont pas faits par bataillon, mais pour le régiment. Cependant les pertes
en officiers étant nominatives, et leur répartition dans chaque bataillon étant connue grâce à l’ordre de bataille
ci-dessus, il est facile de faire les calculs à l’échelon du bataillon.)
JMO du 132ème R.I. – 16 avril 1917



Antoine RIVALS (1875-1917) 
René CANDILLON (1886-1917) 
Lucien SOULA (1874-1917) 
Marcel Emmanuel MARCEAU (1890-1917) 
Georges Etienne Soter BAILLOT (1892-1917) 
Gaston MELLINETTE (1892-1917) 
Claude GONIN (1896-1917) 
Marcel Adrien MORIN (1886-1917) 
Emile JESSON (1892-1917) 
 
 
 


 
            Georges Etienne Soter Baillot était le fils de Georges Herménégilde Baillot, charcutier, âgé de 21 ans et de Marguerite Philomène Félicie Rousset, âgée de 20 ans, charcutière. La famille demeurait 18 rue des Epinettes dans le 17ème arrondissement de Paris.
            Dans la famille Baillot, les prénoms rares venaient du grand-père du lieutenant : Soter Herménégilde Baillot (1848-1892). Le fils avait hérité d'Herménégilde et le petit-fils de Soter. Le père avait une sœur, Blanche Gabrielle, dont le mari, François Maurice Réveillard (né en 1870), pourrait être l’oncle qui va se renseigner sur le sort de Georges Etienne Soter Baillot.
            En ce qui concerne les renseignements militaires, les registres matricules de la Seine ne sont malheureusement pas accessibles en ligne.
 
HF (28/01/2017)
 
Source pour les informations d’état-civil : archives en ligne de l’état-civil du 17ème arrondissement de Paris, acte de naissance de Georges Etienne Soter Baillot.
Source pour les informations sur la famille du père de Georges Etienne Soter Baillot : Généanet, arbre en ligne de Jilles Lazardeux.
 

 

Lucien SOULA (1874-1917)

SOULA
Lucien Gabriel
Lieutenant
132ème régiment d’infanterie
Classe : 1894
Recrutement : Foix
Mort pour la France le 16 avril 1917
à Moussy (Aisnes) Braye-en-Laonnois
Genre de mort : des suites de ses blessures
Né le 11 décembre 1874
à Ganac (Ariège)
 

Un ss-lieut. de la Cie, Soula est venu nous rejoindre, un Toulousain, un peu vulgaire, mais pas bête du tout et bon garçon.
(Jean à sa mère – 14 mars 1916)  

Il y a aussi « Monsieur Soula », un ancien sous-officier d’active, pas déformé par le métier, intelligent. Son accent de Toulouse tranche sur le parler français (ou breton) de la compagnie. Comme le commandant lui demandait ironiquement à son arrivée : « D’où êtes-vous, Monsieur Soula ? », il a répondu avec un accent retentissant : « Du Pas-de-Calais, mon commandant ! »
(Jean Médard – Mémoires, printemps 1916)  

La relève est là ; l’épreuve se termine. Monsieur Soula marche en tête pour conduire la compagnie vers l’arrière. Mais le malheureux s’oriente mal. Je vois les trois sections de tête qui le suivent faire un mouvement tournant pour prendre finalement la direction du nord. Je me précipite. Il faut courir pour rattraper la tête de la colonne et je suis à bout de force et de souffle :
– Mon lieutenant, nous marchons vers les Boches.
– Qu’est-ce que vous racontez ?
– Regardez devant nous cette masse sombre, c’est le fort de Vaux. Nous marchons droit dessus.
(Jean Médard – Mémoires, juin 1916, Verdun) 
 
Aujourd’hui G. et Soula sont venus déjeuner avec nous.
(Jean à sa mère – 25 août 1916) 
 
Hier nous avons eu toute la journée manœuvres de division. Je m’occupais des canons de 37, tu sais, les fameux petits canons dont s’occupait Mr Soula et pour lesquels il a laissé le 2ème bataillon. Soula était à un cours d’instruction et comme je suis officier suppléant, je l’ai remplacé. Et je me suis trimbalé toute la journée à travers champs et bois avec mes deux canons miniatures, qui étaient accueillis partout avec des rires sympathiques.
(Jean à sa mère – 2 septembre 1916) 
 
Je retrouve [à l’état-major du régiment] Monsieur Soula, une vieille connaissance qui dirige l’équipe de canon de 37.
(Jean Médard – Mémoires, printemps 1917) 
 
Le colonel [Théron] reçoit une balle dans la cuisse, le capitaine Gabet dans la mâchoire, Soula est tué ainsi que l’officier de liaison d’artillerie.
(Jean Médard – Mémoires, avril 1917, Chemin des Dames)
 

 
Les morts du 16 avril 1917,
premier jour de l’offensive du Chemin des Dames
(Lettre de Jean Médard à sa mère – 22 avril 1917)
 
Cette première attaque, journée du 16, a été très dure. Au 2ème Baton elle ns a couté en tués, outre le commandant, le capitaine Candillon (5ème), St Lieut Gonin (6ème tu le connaissais – le petit aspirant qui avait pris le thé avec ns et Getaz à Chartèves) Lieut. Jesson (7ème), S/Lieut Mellinette et Baillot (Cie de Mitrailleurs). Tu connaissais aussi ce dernier, tu trouvais qu’il ressemblait à un officier de marine. En blessés : capitaine adjudant major Dufour, S/Lt Millière, S/Lt Bouchez, [Roger de] La Morinerie. Le Commandant [Rivals] était en tête de combat, il a eu une mort magnifique. Le colonel [Théron] aussi était presque en tête sur le petit groupe qui l’entourait peu sont revenus indemnes. Lui, notre brave colonel blessé à la cuisse, son capitaine adjoint [Gabet] la figure traversée d’une balle, Soula, off. du canon de 37 tué, etc., etc.
Source : JMO du 132ème R.I.
- Soulignés en noir par l'auteur du blog : les tués du 16 avril 1917.
- Soulignés en blanc par l'auteur du blog : les blessés du 16 avril 1917.
- Soulignés en gris : les tués du 17 avril 1917.
Les plus grosses pertes en officiers sont dans le 2ème bataillon, où, sur 15 officiers, 6 sont tués et 4 blessés
(N.B. : Les décomptes des pertes ne sont pas faits par bataillon, mais pour le régiment. Cependant les pertes
en officiers étant nominatives, et leur répartition dans chaque bataillon étant connue grâce à l’ordre de bataille
ci-dessus, il est facile de faire les calculs à l’échelon du bataillon.) 
 
JMO du 132ème R.I. – 16 avril 1917


Antoine RIVALS (1875-1917) 
René CANDILLON (1886-1917) 
Lucien SOULA (1874-1917) 
Marcel Emmanuel MARCEAU (1890-1917) 
Georges Etienne Soter BAILLOT (1892-1917) 
Gaston MELLINETTE (1892-1917) 
Claude GONIN (1896-1917) 
Marcel Adrien MORIN (1886-1917) 
Emile JESSON (1892-1917) 
 
 
 
 

  
Lucien Soula était le fils d’Emile Théodore Soula (1836-1896), cloutier, et de Clémentine Nougué (1844-1934). Quand sa fiche matricule a été rédigée, il était « étudiant pour l’enregistrement ». Il avait épousé, le 7 janvier 1915, Jeanne Joséphine Germaine Rogale.

Source : archives départementales de l'Ariège - Fiche matricule de Lucien Soula
 
Source : archives départementales de l'Ariège
Fiche matricule de Lucien Soula
            Lucien Soula avait commencé son service militaire en 1895 et s’était rengagé plusieurs fois. Il était passé dans la Territoriale en 1908.
Au moment de la mobilisation, promu lieutenant, Lucien Soula avait demandé à être versé dans l’armée active. Il était au 132ème R.I. depuis octobre 1915. Plusieurs fois blessé, plusieurs fois cité, la Légion d’honneur lui avait été attribuée quelques jours avant qu’il soit tué au Chemin des Dames.

HF (28/01/2017)

Source pour les informations militaires : archives départementales de l’Ariège, fiche matricule de Lucien Gabriel Soula.
Source pour le prénom usuel : inscription sur le monument aux morts de Ganac (photo sur Mémorial GenWeb).
Fiche de Lucien Soula aux Archives nationales, base Léonore.
Source pour les informations sur sa famille : Généanet, arbre en ligne de Patrick Soula.