A propos des "Pièces jointes"

Ces "Pièces jointes" sont un complément au blog 1914-1918 : une correspondance de guerre où sont publiées les lettres échangées pendant la Première guerre mondiale entre Jean Médard et les siens, en particulier avec sa mère, Mathilde. (Pour toutes les informations sur Jean Médard, se reporter au blog de base).

On trouvera ici un billet sur tous les amis ou camarades morts dont Jean évoque le souvenir. Pour chacun :
- sa fiche de "Mort pour la France" avec sa transcription (en bleu) ; toutes ces fiches proviennent du site Mémoire des hommes ;
- tous les textes de la correspondance et des mémoires de Jean Médard le concernant (en italiques) ;
- dans la mesure du possible, une notice biographique (dans un encadré).
Merci d'avance à tous ceux qui pourraient me communiquer des informations me permettant d'étoffer certaines notices, ou tout simplement me signaler leur parenté avec la personne à qui le billet est consacré. (Mon adresse est dans le blog de base, sous l'onglet A propos du blog.)

Les articles sont publiés dans l'ordre des décès, les morts les plus anciens se trouvent donc en bas de la liste. Pour faciliter d'éventuelles recherches, vous trouverez sous la rubrique "INDEX" une liste alphabétique, avec un lien vers chaque article.

samedi 27 juin 2015

Gaston DAUTHEVILLE (1884-1915)



DAUTHEVILLE
Florent, Samuel, Gaston
Sous-lieutenant
81ème régiment d’infanterie
Mort pour la France le 29 septembre 1915
devant Tahure - Perthes les Hurlus
Genre de mort : blessures de guerre
Né à Montpellier


          J’ai appris hier encore avec le désespoir au cœur la mort de Gaston Dautheville [cousin éloigné]. Il laisse jeune femme et enfant ! où cela s’arrêtera-t-il et quand ? A-t-on jamais vécu dans les temps reculés des heures plus tragiques ?
(Mathilde à son fils - 7 octobre 1915)

Papa et maman avaient, je crois 24 parents à la guerre, entre frères, beaux-frères et cousins. Je les connaissais tous personnellement et la mort de plusieurs me peina beaucoup, en particulier celle de Maurice Warnery que j'aimais bien et celle de Gaston Dautheville, tout jeune marié qui ne connut jamais sa petite fille.
(Mémoires d’Huguette Roux)

 
Gaston Dautheville était un cousin éloigné de Jean.
Il était né à Montpellier, le 20 juin 1884, du pasteur Jules Dautheville (1858-1904) et de Pauline Westphal (1859-1897). Il avait épousé en 1913 Geneviève Olombel (1890-1942). Ils avaient une fille, Inès, née en 1914.
Gaston Dautheville travaillait à la Banque de France.
 
Source : archives départementales de l'Hérault, fiche matricule de Gaston Dautheville
 
HF (27/06/2015, complété le 26/05/2017)
 
Merci à Alain Stocky qui m’a communiqué les liens vers la fiche Mémoire des hommes de Samuel Dautheville, et vers sa fiche matricule.
 

Édouard GONIN (1894-1915)


GONIN
Édouard Henri Évariste
2ème classe
10ème régiment de Dragons
Classe : 1913
Recrutement : Reims
Mort pour la France le 24 août 1914
en captivité en Allemagne
des suites de ses blessures
Né le 6 septembre 1894
à Melle (Deux-Sèvres)

J’ai appris la mort d’Édouard Gonin, cousin germain de [Pierre] Maury. Il était disparu depuis le tout début de la guerre. Il est mort à Metz après un an de captivité, ds l’isolement le + complet, ses parents ne sachant absolument rien de lui et lui d’eux ; eux le croyant mort alors qu’il agonisait longtemps et seul ds un hôpital.
[Daniel]  Loux est ainsi privé par cette mort et celle de René Duntze de deux amis d’enfance.
(Jean à sa mère - 8 novembre 1915) 

  
Source : MémorialGenWeb
Richard Perrichon
         
 
            Edouard Gonin était le fils du pasteur Louis Gonin, aumônier du lycée de Reims, et de Claire Louise Martin.
Une page consacrée aux pasteurs de Reims dans le site de l’association Huguenots de France, mis en ligne par Roland Gennerat, indique que Louis Gonin y a été pasteur de 1905 à 1934 et qu’Elie Loux (le père de Daniel Loux) y a exercé son ministère entre 1904 et 1910.  
            Ceci explique l’amitié entre Edouard Gonin et Daniel Loux. (C’est plus tardivement que Daniel Loux et Jean sont devenus amis, lorsqu’ils étaient condisciples à la faculté de théologie de Montauban, puis à celle de Paris.)
          Sa fiche sur MémorialGenWeb donne le texte de sa citation "Bon cavalier, sur le front au début de la campagne, s'est fait remarquer par sa courageuse attitude dès les premiers combats. Mort glorieusement pour la France, en captivité, des suites de ses blessures." MémorialGenWeb indique par ailleurs qu'il était membre du Racing club de Reims.
 
HF (19/12/2016 et 21/05/2017)
 
Source pour le nom des parents d’Edouard Gonin : Généanet, arbre de Philippe Bourelly.  
 
 
Plaque apposée au temple de Reims
Source : Mémorial du 161ème R.I.
 

René DUNTZE (1894-1915)


 
DUNTZE
René
Aspirant
161ème régiment d’infanterie
Classe : 1914
Recrutement : Reims
Mort pour la France le 25 septembre 1915
à Mourmelon-le-Grand (Marne)
Tué à l’ennemi
Disparu au combat
Né le 19 février 1894
à Reims (Marne)

 
 
Loux est ainsi privé par cette mort [la mort d'Edouard Gonin] et celle de René Duntze de deux amis d’enfance.
(Jean à sa mère - 8 novembre 1915)





 
Source : MémorialGenWeb
Richard Perrichon

René Duntze était le fils de Friedrich Thomas Duntze (1846-1954), négociant à Reims, et de Marie Emilie Hélène Dinger (1858-1925).
Comme en témoigne la plaque apposée au temple de Reims (et, implicitement, la lettre de Jean) il était membre de la paroisse protestante de la ville).
Sa fiche sur MémorialGenWeb indique qu'il était élève-ingénieur à l'école d'agriculture de Montpellier.
  
HF (17/12/2016 et 21/05/2017)
  
Source pour les informations sur ses parents : Généanet, arbre de Philippe Bourelly
 

     Plaque apposée au temple de Reims
     Source : Mémorial du 161ème R.I.

Robert PERRET (1895-1915)

PERRET
Robert Berthe Maurice Alfred
Lieutenant
7ème régiment d’infanterie coloniale
Classe : 1915
Recrutement : Bar-le-Duc
Mort pour la France le 25 septembre 1915
à Ambce 3/151 à Chaudefontaine (Marne)
Suites de blessures de guerre
Né le 25 mars 1895
A Villié-Morgon (Rhône)

 

 

 

 

 

 

 
Au petit jour [du 21 juin 1916], nous atteignons enfin Haudainville. Le sergent-major Charlet qui est venu à notre rencontre ne nous reconnaît pas avec nos barbes de cinq ou six jours, nos figures noircies par la poudre, notre amaigrissement, notre air hagard, nos capotes maculées de sang. En arrivant nous buvons toute l’eau des fontaines, nous nous décrassons, j’écris une carte à ma mère pour la rassurer sur mon sort et, à peine allongés sur le foin, nous sombrons dans un profond sommeil.
Consternation à notre réveil ! Cette nuit même il va falloir repartir. Quelques heures après notre départ les Allemands ont déclenché une grande offensive sur le front que nous venions de quitter. Ils ont progressé. Le 54 qui nous a relevé a été anéanti ou fait prisonnier et, avec lui, notre chef de bataillon et nos cinq commandants de compagnie qui étaient restés derrière nous pour passer les consignes.
On parle de nous faire contre-attaquer, mais comme notre régiment est réduit à bien peu de chose, privé d’officiers et écrasé de fatigue, le commandement y renonce. Il va nous renvoyer en avant sur des positions de repli.
Il parait qu’au premier bataillon les réactions ont été assez vives, mais le commandant Perret, qui connaît ses hommes, a compris qu’il ne s’agissait pas d’une mutinerie, mais d’un mouvement de désespoir. Il a su leur parler et les décider à remonter. Il vient de perdre lui-même son fils unique. C’est au nom des morts qu’il a parlé à ceux qui sont encore vivants. Cette journée de repos nous a quand même rendu quelques forces et, à deux heures du matin nous repartons.
(Mémoires de Jean Médard, 1970 – 3ème partie : La guerre)
 

 
            Robert Perret est le fils d’Adrien Perret (1863-1946), officier d’active, qui était commandant au moment de la mort de son fils, et de Gabrielle Delafond (1874-1904).
            C’est un don[1] fait en 2014 par la famille du colonel Perret aux archives départementales de la Marne qui m’a permis de découvrir le prénom du colonel et celui de son fils (Mémoire des hommes répertoriant 500 Perret morts pour la France en 14-18, il n’avait pas été possible de l’identifier à partir de leur base de données).
            La notice concernant ce don contient une courte biographie :
« Militaire et veuf, Adrien Perret a deux enfants : Robert qui prépare Saint-Cyr et Paule. Reçu à Saint-Cyr comme tous les admissibles en raison de la guerre, Robert Perret est formé et incorporé comme sous-lieutenant au 7e régiment d’infanterie coloniale. Il décède à la Main de Massiges (Marne) en 1915.
A la suite de ce décès, Adrien Perret, qui est cavalier, demande à joindre l’infanterie pour connaître ce qu’avait vécu son fils. Il est affecté comme chef de bataillon au 132e régiment d’infanterie de Reims dont il prendra le commandement en 1917. Il participe notamment aux combats du Chemin des Dames. Il a été cité plusieurs fois et a reçu de nombreuses décorations. »
C’est d’ailleurs à partir du Chemin des Dames que son nom revient de plus en plus souvent sous la plume de Jean. En effet, en plein combat, le commandant Perret a pris la relève du colonel Théron blessé le premier jour de l’offensive. Et c’est à Jean qu’il revient de lui annoncer sa nomination au grade de lieutenant-colonel :
« – Mon commandant, je vous apporte un message qui vous fera plaisir.
– Médard, je n’oublierai pas que c’est vous qui êtes le messager de cette bonne nouvelle.
Le colonel Perret a été en effet toujours bienveillant envers moi. » écrit Jean dans ses mémoires. Ils se côtoieront ensuite jusqu’à la fin de la guerre.
 
Par ailleurs, le blog Reims 14-18 met en ligne une biographie très intéressante du colonel Perret, écrite par son petit-fils Ph. Gauvain. Quelques lignes sont consacrées à la mort de Robert : « Il [le commandant Perret] descend ensuite dans la Marne et se trouve en position à La Veuve et Dampierre à quelques kilomètres de son fils au moment du drame qu’il va vivre. Le 25 septembre, l’armée attaque sur la ligne qui va de Châlons à Sainte-Menehould. Robert à Ville-sur-Tourbe en première ligne, monte à l’assaut de la Main de Massiges. Il est tué dès le début de l’action et Adrien ne l’apprendra que le 12 octobre, après plus de quinze jours peuplés d’attente, de crainte, d’espoir, d’angoisse. Il vivra ce malheur avec beaucoup de courage. »
  
HF (31/12/2016)
 
 

[1] Ce don comprend essentiellement la correspondance 1914-1918 d’Adrien Perret, ainsi que d’autres documents en rapport avec la guerre.

Jean ROUFFIAC (1885-1915)



ROUFFIAC
Jean
Sous-lieutenant
104ème régiment d’infanterie
Classe : 1905
Recrutement : Roanne
Mort pour la France le 25 septembre 1915
à Auberive
Inhumé à Mourmelon-le-Grand (Marne)
Tué à l’ennemi
Né le 8 mai 1885
à Moret-sous-Loing (Seine et Marne)
 

 
[Edmond] Mercier m’écrit aussi, très ému par la mort de [Jean] Rouffiac qu’il suffragait à Bolbec et qui était un type extrêmement distingué.
(Jean à sa mère - 13 octobre 1915)

 
            Jean Rouffiac était le fils de Paul Rouffiac et de Thérèse Driard. 
Source : archives départementales de la Loire. Subdivision militaire de Roanne. Fiche de Jean Rouffiac (vue 447/1082).
Merci à Alain Stocky qui m’a communiqué le lien.
 HF (01/06/2017)
 

 
  
Source : Revue de théologie et de philosophie, 1915

Mise en ligne par Revues numérisées
 
JEAN ROUFFIAC 1885-1915
 
          Le jeune pasteur français à la mémoire duquel ces lignes sont consacrées, ne s'était pas fait connaître encore du grand public, mais il avait attiré très tôt l'attention de ses maîtres par l'étendue de sa culture et la ferveur de ses convictions religieuses.
          L'église réformée de France comptait sur lui comme sur l'une de ses meilleures forces. Élève de l'École préparatoire de théologie des Batignolles, puis de la Faculté de Paris, il conquit successivement le grade de licencié ès lettres en Sorbonne et de bachelier en théologie. Après avoir achevé ses semestres à Paris il passa deux ans à l'université de Berlin, puis un hiver dans l'église française d'Édimbourg ; rentré en France il fut nommé sous-directeur de l'École dans laquelle il avait fait ses études préparatoires. Il venait d'être consacré et de répondre à l'appel que lui avait adressé l'église de Bolbec (Seine-Inférieure) quand la guerre éclata. Adjudant, puis sous-lieutenant, il se distingua par sa droiture et sa générosité et conquit le respect de ses chefs et de ses soldats. Il est tombé le 25 septembre, en Champagne, à la tête de ses hommes ; il n'avait que trente ans.
          Sa thèse de baccalauréat en théologie, intitulée La personne de Jésus chez les Pères apostoliques (Paris, 1908), lui avait valu la mention « distinction », honneur dont les jurys universitaires ne sont pas prodigues. Ce travail, disait l'un de ses juges, « se distingue par une maturité et une pondération de jugement qu'on ne trouve que rarement chez les jeunes gens au moment où ils quittent les bancs de l'École ». […]
          Au terme de sa première année de théologie déjà (en 1905), Rouffiac avait obtenu le prix annuel pour un mémoire sur le caractère général de la langue du quatrième évangile, mis au concours par la Faculté, et le jury n'avait eu que des éloges pour le jeune étudiant, dont il avait jugé le travail tout à fait remarquable. Il faut attribuer sans doute aux lectures faites pour préparer ce concours la prédilection que le jeune étudiant marqua dès lors pour l'étude philologique du Nouveau Testament, qu'il poursuivit à l'École des Hautes Études sous la direction de Jean Réville, puis de M. Eugène de Faye.
                   Admirablement préparé comme il l'était, il fut tout naturellement attiré, pendant son séjour à Berlin par l'enseignement d'Adolf Deissmann, qui venait de publier, sous le titre de Licht vom Osten, son grand ouvrage sur le Nouveau Testament dans ses relations avec la civilisation hellénistique. Il suivit les cours et prit part aux travaux du séminaire dirigé par ce maître ; c'est Deissmann qui attira son attention sur les inscriptions de Priène, découvertes par Wiegand au cours de ses fouilles en Anatolie et publiées sous les auspices des Musées royaux de Berlin.
          À son retour à Paris, Rouffiac obtenait le diplôme de l'École pratique des Hautes Études (Section de sciences religieuses). Son mémoire fut jugé si remarquable qu'il fut publié dans la Bibliothèque de l'École des Hautes Études (vingt-quatrième volume, 2" fascicule ; Paris, Leroux, 1911) ; il prenait ainsi place dans une collection où ont paru déjà tant d'œuvres distinguées sur les origines du christianisme et la première littérature chrétienne. Ce mémoire intitulé Recherches sur les caractères du grec dans le Nouveau Testament d'après les inscriptions de Priène, présente le plus haut intérêt ; l'auteur y marque avec une véritable maîtrise ce que la science du Nouveau Testament doit aux textes grecs récemment mis au jour. […]. Le mémoire fut très remarqué ; il valut à son auteur la médaille d'argent de l'Association pour l'encouragement des études grecques, il le désignait aussi à ses anciens maîtres comme un professeur de l'avenir, ce II a passé brillamment ses examens de licence en théologie quelques mois avant la guerre, et nous avions la certitude, écrit le Doyen de la Faculté de théologie de Paris (1), que ses thèses dont il avait entrepris la préparation, assureraient sa place dans la science théologique française. » Au moment même où la nouvelle de sa mort parvenait à ses amis désolés paraissait à Lausanne le dernier ouvrage sorti de sa plume, la traduction de la première partie de la biographie de Hudson Taylor, le fondateur de la China Inland Mission (1 vol. in-12, de XI, 348 pages ; Lausanne, Mack éd.).
 
René Guisan.
 
(1) Dans une émouvante petite notice publiée par le Semeur (novembre 1910), à laquelle nous avons emprunté quelques renseignements. 
 

 

Jacques BENOÎT (1895-1915)

BENOÎT
Jacques Auguste
Aspirant
12ème bataillon de Chasseurs à pied
Classe : 1915
Recrutement : Rhône Sud
Mort pour la France le 31 août 1915
au Lingekopf (Alsace)
Tué à l’ennemi
Né le 19 février 1895
à Lyon (Rhône)

           J’ai une mauvaise nouvelle à t’apprendre c’est la mort de Benoit aspirant au 12e  qui a été tué dans sa tranchée.  Il était de l’A* de Lyon et m’avait dit avoir été avec toi au camp de vacances, un chic type qui disparaît.
(Pierre Benoît à Jean – 4 septembre 1915)

* Selon toute vraisemblance le « A » est pour « assemblée ». C’est en effet à Lyon qu’a eu lieu, du 22 au 25 février 1914, le 15ème congrès de la Fédé (Fédération française des associations chrétiennes d’étudiants) dont Jean était un membre très  actif.
 

            Jacques Benoît était le fils de Jean Jacques Nicolas Benoît et de Léonie Marguerite Eugénie Moutet, demeurant 8 rue de la Carrière à Lyon. Il était célibataire, élève de l’Ecole Centrale de Lyon.

Source : archives départementales du Rhône, fiche matricule de Jacques Benoît (vue 679/1342)
 

           Jacques Benoît n’était pas apparenté à Pierre Benoît, qui informe Jean de la mort de ce coreligionnaire. 
Pierre Benoît, cousin germain de Jean, écrit cette lettre alors que lui-même est hospitalisé à la suite d'une blessure au genou reçue au Linge le 31 août, pendant la même action que celle où Jacques Benoît a été tué.
Pierre Benoît devait mourir le 2 octobre suivant des suites de sa blessure, après avoir été amputé. 

HF (26/06/2015, texte complété le 22/05/2017) 

Source pour les informations sur sa famille et sa situation personnelle : fiche de Jacques Benoît dans le registre matricule du Rhône, et sur MémorialGenWeb. Merci à Alain Stocky qui m’a envoyé les liens. 

Alfred CASALIS (1896-1915)


CASALIS
Alfred Eugène
soldat
7ème régiment d’infanterie
Classe : 1916
Recrutement : Seine 4ème bureau
Mort pour la France le 9  mai 1915
à Roclincourt (Pas-de-Calais)
Tué à l’ennemi
Né le 24 février 1896
à Morya Basutoland (Compagnie du Cap)

         J’ai lu un recueil des lettres d’A. Casalis, jeune étudiant de Montauban, tué il y a un an, en Artois. J’ai vu raconté là en toute simplicité le Montauban que je connais, les impressions de caserne, l’impression de guerre d’un jeune qui était un grand.
(Jean à sa mère - 7 avril 1916)







 
            Alfred Casalis était le fils d’Alfred Casalis (1862-1950) missionnaire en Afrique du Sud et de Caroline Amy Bost (1862-1956). Il était le petit-neveu de John Bost, fondateur au milieu du 19ème des Asiles de La Force (en Dordogne).
Jean et son ami Albert Léo avait visité les asiles avant-guerre. « Tu te rappelles La Force ! les bonnes journées ! » écrit Léo à Jean le 1er juin 1915.  
Cette visite est d’ailleurs évoquée par Jean dans ses mémoires : « Léo m’avait écrit : ‘’Il faut voir les asiles. On descend chez les Henri Bost. C’est la maison du bon Dieu’’. En effet nous avons été reçus à bras ouverts par les Bost, cinq ou six étudiants et moi. La visite des asiles a été pour moi la révélation du "mariage du ciel et de l’enfer" l’enfer des misères humaines les plus horribles et les plus repoussantes assumées par un amour surnaturel. ».
La fondation John Bost fonctionne encore de nos jours, toujours implantée à La Force.
 
HF (17/12/2016)
 
Source pour les informations généalogiques : Généanet, arbre de Philippe Bourelly.
 

 

 Source pour cette notice biographique : SCOUTOPEDIA
 

Alfred-Eugène Casalis (24 février 1896 – 9 mai 1915) est le fondateur de la troupe UCJG (Union chrétienne des jeunes gens) de Montauban en 1913. Engagé volontaire, il tombe au champ d’honneur à 19 ans.

Un jeune chef, un jeune soldat

Alfred-Eugène Casalis, naît le 24 février 1896 à Morija, dans le pays des Bassoutos en Afrique du sud où ses parents sont missionnaires, son grand-père l’était aussi. Il regagne la France en 1906 pour ses études. Il entre au lycée Voltaire avec ses deux frères, André et Henri. Ils intègrent la section cadette des UCJG du Faubourg-Saint-Antoine. En 1909, il passe une année scolaire en Allemagne, à Koenigsfeld, dans un collège des Frères Moraves. En 1911, il fait certainement partie des premiers éclaireurs de la troupe du Faubourg-Saint-Antoine. En 1912, il obtient son baccalauréat et entre à la Faculté de théologie de Montauban. Il se destine lui aussi à exercer le ministère de missionnaire. Dès son arrivée à Montauban, et bien qu’il n’ait que 17 ans, « il met tout son cœur et tout son zèle à organiser une section éclaireurs unionistes ». Il fonde pour cela une section cadette des UCJG. Il s'occupe également des enfants de l'école du dimanche. Tout le monde remarque « sa maturité d’esprit et d’âme ». En avril 1913 la fondation de la troupe est annoncée dans l’Espérance et le 30 novembre 1913, elle est officiellement affiliée aux Éclaireurs Unionistes de France sous le n° 53. À peine quelques mois plus tard, en août 1914, la guerre éclate comme un coup de tonnerre, c’est la mobilisation générale. Alfred Casalis est encore trop jeune pour être mobilisé, mais voyant sa patrie envahie et en danger, il décide de devancer son appel. Il l'annonce à ses parents le 5 novembre 1914. L'idée de laisser les autres se battre sans ne rien faire lui est insupportable. Fait rare à cette époque, il ne tient aucun propos haineux envers les Allemands. Il les connaît bien. Il les a fréquentés de près en 1909. Ses lettres n'expriment pas des ardeurs guerrières et ne font pas preuve non plus d'exaltation patriotique. Au contraire, elles témoignent de sa sympathie pour les opinions pacifistes, mais il constate que pour l'heure le combat est inévitable et qu'il ne peut y déroger. Il espère seulement que le conflit permettra une prise de conscience pour transformer la société vers plus de justice sociale.

En janvier 1915, conformément à sa demande, il est incorporé au 7e régiment d'infanterie de ligne (7e RI) à la caserne de Castelsarrasin. Il fait ses classes, mais on remarque ses qualités et on lui propose de faire l'école des officiers. Après un moment d'hésitation, il décline la proposition. Il ne souhaite pas retarder son départ pour le front. Le 25 février, il se porte au contraire volontaire pour un départ anticipé pour le front comme simple soldat, mais les vaccins le font tomber malade. Quand il se rétablit enfin, on lui donne trois jours de permission (11 au 14 mars). Il en profite pour monter à Paris. Il embrasse ses parents pour la dernière fois. Le soir du 7 avril 1915, c'est le départ pour le front. Il prend le train avec son régiment. Après un long périple, le 30 avril, il arrive enfin à Arras, en Artois, où se prépare une offensive française.

Le 2 mai, il monte en première ligne dans le secteur de Roclincourt. Il subit son baptême du feu. Le 5 mai, il prend position dans les tranchées d’assaut. Devant l'imminence de l'attaque et la violence des bombardements, il ne se fait guère d'illusion. Il écrit son testament que l’on retrouvera sur lui : « Si je suis tué, écrit-il, je voudrais que tous mes amis, tous ceux qui vivent avec moi à tout instant et dont le cœur bat avec le mien puissent redire la parole de notre espérance : Parce que je vis, vous vivrez aussi ». Dans la matinée du 9 mai 1915, il monte à l’attaque, baïonnette au canon. Le soir, il manque à l’appel et il est porté disparu. On le signale à ses parents qui écrivent à son commandant Charles Schmuckel pour avoir plus d'informations, mais celui-ci, en plein cœur des combats, ne peut en savoir plus. Il les informe seulement que "les camarades de votre fils sont partis à l'assaut avec un entrain qui nous a valu les remerciements du Colonel commandant la brigade, et ont chargé héroïquement, contre toute chance, contre un ennemi formidablement retranché qu'il fallait à tout prix retenir, pour permettre les succès que vous avez appris. Par trois fois nous sommes repartis pour l'Honneur et pour la Patrie". Peu après, le commandant Schmuckel est tué à tour. Mais ses parents gardent espoir, ils espèrent que leur fils a été fait prisonnier. Finalement, le 17 mai, ils reçoivent une lettre d'un camarade de leur fils qui leur annonce que "Alfred-Eugène Casalis, votre fils et mon ami, est mort. Courageusement, il s'est élancé, dans la matinée du 9 mai, à l'assaut des tranchées allemandes, et les balles, qui ne choisissent pas entre les bons et les mauvais, l'ont brutalement fauché". Il indique également : " j'ai cherché à savoir ce qu'était devenu le corps d'Alfred [...] j'ai appris qu'il avait été mis dans une fosse commune, creusée sur le champ de bataille, près de l'endroit où il était tombé". Par la suite Alfred Casalis fut ré-enterré, dans un cimetière militaire sur la commune de Roclincourt où sa tombe doit exister encore.

Création de l’article : Gautier